Vent d'Australie : Un regard français (libéral et individualiste) sur mon actualité australienne | |
INDE FEVRIER! A ne pas manquer
07:27, 27/03/2008
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Feb-13 : Nous y voilà… après plusieurs heures passées devant la télé, je me décide à continuer d’écrire mon journal en Inde. Ca risque de n pas être une mince affaire, vu que j’aurai sûrement d’autres chats à fouetter. Le départ d’Australie aura été… mouvementé ! Les 2 derniers jours se sont passés à courir entre la banque, les différentes agences Adecco pour récupérer certains papiers (et notamment une photocopie de mon visa Australien, ça peu aider à sortir), et les services des taxes pour savoir comment récupérer quelques sous. J’ai aussi contacté les caisses de retraites, envoyé quelques candidatures pour du boulot en France, et travaillé chez TNT les soirs. Pour finir, j’ai passé la dernière soirée avec Mandine et François et j’en ai profité pour leur filer quelques affaires et ma valise, donc je voyage avec un sac de 10kg (et mon petit sac à dos « Ville de Clermont-Fd »). Le matin, après un dernier coup de fil et le solde du loyer j suis arrivé à l’aéroport, où j’ai fait l queue une heure et demie, plus le temps de changer quelques sous en roupies, de savourer quelques frites australiennes avec mes derniers dollars, de patienter à la douane le temps qu’ils trouvent comment faire avec mon histoire de passeport… je suis monté le dernier dans l’avion (qui est parti avec une heure de retard). Je crois que l’heure de faire le bilan Australien est venue ; c’est vraiment une sensation bizarre. Depuis mon arrivée, j’ai passé maximum 1 mois et demi à chaque endroit que j’ai visité, et même si parfois cette période m’a paru longue, je n’ai pas vu passer l’ensemble. 8 mois, c’est pourtant pas rien, et ça a peut-être été les plus riches de ma vie, compte tenu du nombre d’expériences vécues. Pourtant, c’est comme si j’avais tout survolé, sans vraiment m’intégrer. Le meilleur exemple, c’est que même si j’ai croisé et parlé à plus d’un millier de personnes, j’ai fait très peu de rencontres « sérieuses », des gens avec qui je resterai en contact, et presque aucun d’entre eux n’est Australien. Ca doit venir d’une part du fait que je n’avais pas tellement d’affinité avec les gens rencontrés (je pense surtout aux endroits où j’ai bossé en disant ça). Bref, au moment du départ, même rongé par le stress des formalités administratives et celui de la recherche d’emploi en France, j’ai hâte de revoir les gens avec qui je suis vraiment proche. Chloé, bien sûr, mais aussi toute la famille, et les amis « solides ». Bizarrement, je me sens pas plus éloigné d’eux qu’après les 2 ans passés à Aurillac en ne les voyant que les week-ends. La force des années… enfin pour faire court, j’ai l’impression de revenir de vacances, et je n’avais pas vraiment réalisé qu’elles avaient duré si longtemps. Mais une chose est sûre, ça aura été formidable comme expérience : les volontariats du début, le montage du projet de thèse, la vie de backpacker, le Venom Zoo, le fait de parler anglais tout le temps, et notamment au boulot, et plein d’autres moments, je ne m’étalerai pas. Ca n’a pas toujours été très facile non plus, mais pour l peu de temps passé à travaillé je m’en suis plutôt bien sorti, et ce sont aussi les moments difficiles qui font qu’on réfléchit, qu’on s’adapte, et qu’on progresse… on ne se rend compte de ce genre de choses qu’avec un peu de recul, mais je pense que ce voyage m’aura apporté aussi un peu de maturité : l’envie de stabilité, de m’investir dans un projet à long terme… d’avoir une vie un peu plus tranquille, un peu plus « sécurisée ». D’où le voyage en Inde ! Disons que je vois ça comme la « dernière étape avant la stabilité » ! Ue dernière aventure, pour marquer le coup. Je suis paré : j’ai plein de sous, disséminés un peu partout sur moi (traveller cheques, dollars, euros, roupies), des photocopies de mes papiers, une carte (très basique) de l’Inde, une idée très précise de ce que je veux voir et de l’itinéraire à prendre, une petite fiche avec des rudiments d’hindi (bonjour, merci, toilettes, docteur, combien ça coûte, etc.), et je viens de regarder un documentaire sur le Gange qui me conforte dans mes choix d’itinéraire. Et la bouffe dans l’avion est très bonne ! Le plus dur va être de trouver un hôtel ce soir en arrivant, après une journée de presque 24H ! Après, ça ira tout seul, ou presque. Feb-14 : C’est parti sur les chapeaux de roues ! C’est complètement incroyable ! Arrivé à 19h50 (1h20 heure Australienne), les taxis me proposent tous des hôtels à 500 roupies la nuit minimum, près de l’aéroport, ce qui ne m’intéressait pas du tout. J’ai donc pris un rickshaw qui m’a amené plus près du centre, vers une gare. A partir de là, j’ai commencé à flâner, discuter, pour trouver un hôtel pas cher. J’en ai trouvé un ou 2, mais pleins. C’était pas vraiment mon souci en fait, j’étais content de me balader dans les rues. L’aéroport était assez vétuste (quelques trous dans le carrelage, peinture défraîchie, bureaux antiques), mais ressemblait quand même à un aéroport international. Par contre les rues… c’est super animé, comme en Egypte, mais plus pollué. Il y a un brouillard permanent, la visibilité doit être de 500m environ. Les « magasins » sont constitués –pour la plupart- de piquets et de bâches, et tout est mêlé : bouffe, pièces mécaniques, chaussures… il y en a partout. Il y a aussi des chiens, des chèvres, des chats, des rats, des gens endormis bien habillés allongés à même le sol à 2m de la route… ça grouille ! Partout, c’est dense, il y a du mouvement, du bruit… Et par contre, bien qu’étant le seul occidental, personne de me demande rien, tout juste quelques hello… noyé dans la masse. Mais si je demande un renseignement, plusieurs personnes se concertent immédiatement pour réfléchir à la meilleure solution. Génial ! Après avoir vainement cherché près de la gare, et sur les conseils de gardiens d’un hôtel de luxe, je prends le train pour Mumbai central à 22h30 (je me suis trompé de train, mais mes voisins de wagon m’ont expliqué comment descendre et prendre le bon). Arrivé là-bas, j’ai commencé à chercher -un peu plus activement cette fois parce qu’on approchait de minuit- mais sans succès : hôtels pleins pour la plupart, ou réservés aux indiens, ou à plus de 1000 roupies l nuit. J’ai fait une dizaine d’essais, escorté par 2 gars qui m’avaient repéré, et qui se sont donné beaucoup de mal pour moi, mais comme je n’avais pas envie de payer une commission je leur ai dit que je pouvais me débrouiller. Ils n’ont pas insisté, ils ont été très gentils, et ils m’ont filé leurs coordonnées pour le cas où j’ai besoin de leur aide, ou si je veux aller à Goa. C’est maintenant qu’on arrive dans la phase incroyable : je les avais à peine lâchés que quelqu’un d’autre est venu, un gars plutôt efféminé dont je me suis immédiatement méfié. Il parlait un anglais presque parfait, a été super sympa, a commencé à me guider pour trouver un hôtel… mais je les avais déjà essayés. Entre temps, il m’explique qu’il étudie ici, que ça fait 7 ans qu’il est arrivé… et là il me propose de dormir chez lui si je veux. Donc j’ai di oui parce que c’était beaucoup mieux qu’une nuit à la gare. Je vais abréger : Il s’appelle David. Chez lui, j’ai fait la connaissance de deux de ses amis avec qui j’ai discuté un moment, puis ils ont partis, je me suis couché et j’ai dormi un peu, puis pour une raison qui m’a d’abord échappé il s’est allongé à coté de moi, puis a plus ou moins commencé à me toucher la main, donc j’ai mis les choses au clair et lui ai expliqué que j’aimais qu les files, et même qu’une. Du coup on a discuté sexe/religion/culture jusqu’à 4H du matin (9h30 heure australienne !).
Feb-15 : J’ai
relativement bien dormi, même si le lit était assez étroit, et je lui serai
éternellement reconnaissant de son hospitalité, de sa franchise, et de tous les
services qu’il m’a rendus puisque le matin on est allé petit-déjeuner dans un
coin super, puis il m’a fait une petite carte (il a un Master en géographie,
option développement urbain), pour que je visite facilement les environs. Et
j’ai passé une matinée de rêve à déambuler dans les petites rues, les temples,
les marchés, sans croiser d’occidentaux vu que je ne suis pas dans le quartier
des backpackers. Mais j’y vais ce soir, pour ne pas abuser de son hospitalité. Feb-16 : Reveillé à 4H du mat par les ronflements et les pets du voisin (les chambres sont séparées par un mur qui s’arrête à 40cm du plafond). Je m’étais couché tôt la veille, donc impossible de me rendormir. Du coup, début de la journée au lever u jour sur la promenade le long de la mer, à 6H. Ambiance très paisible, soleil rouge soleil rouge et orange très beau malgré le brouillard. Je décide de longer la côte jusqu’au port de pêche, mais après 2H de marche le long de la base navale (j’ai essayé d’entrer, sans succès), je me retrouve dans des bidonvilles donc je prends un taxi, mais je sais pas où je veux aller puisque comme tous les autres il ne comprend pas « fish market » ou « fishing boat » ou « harbour », donc je demande tout droit, puis à gauche, puis tout droit…ça ne m’aide pas, je sais de moins en moins où on va. Je descends à un grand carrefour, et saute dans le 1er bus qui semble aller en direction de chez moi. Je demande à Monsieur Ticket si ça va à Churchgate, une grosse gare pas loin et depuis laquelle je sais rentrer à la maison, il me dit non, et rien de plus (c’est la première fois…). Heureusement, une dame de l’autre coté de l’allée entend et me dit de descendre et de prendre le 135. Il s’avère qu’il n’y en a pas à cet arrêt, malheureusement. Après un thé et des tartines de beurre (0,3 €) je retourne aux arrêts de bus, et là, miracle (il y en a partout en Inde). Un bus arrive sur lequel il y a marqué quelque chose en alphabet latin, et ce quelque chose c’est Colaba, chez moi ! Pa conte je ne reconnais pas du tout la route, et on arrive au terminus sans que je réussisse à me repérer… mais ça sent le poisson ! Donc je suis l’odeur et les gens et je tombe sur le marché aux poissons le plus insolite qu’on puisse imaginer : le port est rempli de bateaux tous les uns contre les autres. Il y a une grande plate-forme couverte d’un coté où se font toutes les ventes, et d’où monte une clameur… effrayante. J’opte donc pour l’autre quai, où des gars tirent des remorques de 4m de long chargées de bidons d’essence ou de glace pilée, et ravitaillent les bateaux. En suivant le ponton, j’arrive au bout, mais on peut traverser en passant sur 2 bateaux (je demande la permission avant de le faire). Me voici donc au milieu de la foule. C’est bondé, ça pue, il y a des tas de crevettes à même le sol, des poissons à moitié déchiquetés, des femmes qui trient, crient, portent des paniers, des poissons et des crabes bizarres… c’est magnifique. Mais je mangerai pas de poisson à Mumbai. Je prends pas de photos, parce qu’ils m’ont fait l’honneur de pas m’emmerder alors que je venais chez eux, alors j’estime que je n’ai pas à les considérer comme des bêtes cureuses en retour. J’ai juste droit à quelques « hello » bien gentils. C’est d’ailleurs frappant d’une façon générale, de voir comment les touristes les laissent complètement indifférents, ou dumoins leur égal et c’est tout. On se fait gentiment décaler dans le bus, on fait la queue comme tout le monde, dans les magasins ou au restau, et on ne se sent pas observé quand on marche dans la rue ou sur les marchés. Je parle de partout sauf l Colaba touristique et ses magasins de souvenirs. Après ça, je me repère, trouve un nouveau backpacker à 150 roupies la nuit (3€, petit dej inclus), fais un tour pour touristes cher (20€) mais qui me permet de voir des coins que j’aurais jamais trouvé tout seul, comme le quartier des laveurs, une caste qui collecte, lave sèche et restitue le linge partout dans la ville en 24H. Il y a aussi un jardin avec des petits écureuils de Corée (bizarre), la maison de Gandhi, et un guide qui m’a donné quelques leçons d’Hindi et m’a invité à aller chez lui si je le retrouve (ça va être chaud). Repas au restau (je prends soin de moi), puis bateau pour les grottes d’Elephanta, sur l’île du même nom. Bien, avec de jolies statues, mais ça n’est pas un truc de fou. Retour tranquille n discutant avec un Pépé bien sympa dans le bateau (un médecin qui avait parcouru le monde), puis errance dans les rues de Colaba (j’arrive à marcher 10 min sans me perdre…). Je mange des trucs bons, mais j’oublie encore le nom. Feb-17 : Je pars le matin chez David, et je me débrouille comme un chef pour le bus. On part directement rendre visite à un de ses amis qui habite Borivali, à l’entrée du Sanjay Gandhi National Park. Il s’appelle Omkar, il est super branché nature, adhérent Greenpeace, et gentil comme c’est difficile à imaginer. Il nous offre à boire et à manger, nous donne les détails pour visiter… nous voici partis pour 7km à pied au beau milieu du parc, habité par une tribu qui fait des maisons typiques avec de beaux dessins sur les murs. En chemin, on croise des langurs (singes blancs à face noire), des macaques, puis on arrive au Kanheri caves. C’est trop beau, mieux qu’Elephanta. Les grottes sont plus grandes, les statues plus nombreuses, les sculptures plus fines… et c’est au sommet d’une montagne avec une vue magnifique…un régal ! On redescend en bus à la fermeture (parce que la nuit il y a des léopards, donc ils virent les touristes le soir), on flanne un peu, puis on retourne chez Omkar boire un café et tester les friandises locales. Onpapote quelques heures, puis on part manger au restau avec un copain d’Omkar, et je me fais péter le bide (ce qui ne sera pas sans certaines conséquences plutôt désagréables le lendemain). J’ai droit à un petit exposé sur chacun des plats, et en plus Omkar note tout sur mon petit cahier. En digestif, on va chez le faiseur de feuilles, qui tartine plein de pâtes de toutes les couleurs sur une feuille, et enrobe aussi des graines, sucreries… il en résulte un gout indescriptible, et c’est censé facilité la digestion. Je paye une bonne partie du restau… de l’ordre de 12$. Non seulement c’était super enrichissant et j’ai appris plein de choses, mais en plus c’était très gai, et je me suis marré comme il y a bien longtemps que c’était pas arrivé ! Puis on échange nos adresses et prend congé (Omkar me file 3 CD de musique Indienne), et on rentre à la maison, David et moi. Je m’endors dans le train, pour changer… c’est comme à la maison ! Feb-18 : C’est dimanche, grasse mat, puis glandouille toute la journée, sauf un petit tour du quartier dans l’après-midi . Je suis tombé sur un bouquin de géographie humaine chez David, c’était passionant. Le soir on a encore mangé au restau, et c’était encore délicieux. Feb-19 : Ca y est je suis malade ! J’ai passé une fin de nuit un peu difficile, du coup j’attaque direct le régime « sécurité » : pain eau bouillie ou en bouteille, et immodium à tous les repas. Après une matinée plutôt pépère et mes adieux à David, je pars dans ma guest house favorite où un petit mot de Rémi m’attendait. Je les retrouve sans difficulté…moment magique ! Mais je les laisse profiter de leurs derniers moments ensemble, et je glandouille dans la ville à la recherche de pâtisseries (je n’ai plus mal au ventre, donc ma résolution du matin n’a plus aucun intérêt). Le soir, on mange ensemble, Davi, Elo, Rémi et moi. Puis c’est l’heure des adieux à Elo et à David à nouveau, dans des conditions pas top puis qu’il s’est bêtement énervé contre des vendeurs de hashish qui le traitaient de PD et faisaient mine de le toucher, donc j’ai du intervenir pour les empêcher de se battre, ce qui m’a fait assez peur vu que je ne tiens pas à avoir affaire à des gamins de la rue. Du coup après j’étais très en colère contre David, et je lui ai dit qu’il était con. On s’est séparé, en bon termes quand-même, et je suis allé dormir. Feb-20 : On passe le journée avec Rémi à manger des trucs trop bons et en buvant des thés. On parle beaucoup, et comme d’hab c’est bien. Nous voici maintenant dans un train « sleeping ». Départ 21H25, arrivée prévue à 14H40 à Jabalpur, près de Kanha National Park. Feb-21 : Le trajet a été long, mais ça y est on est à Jabalpur, petite ville de campagne de 1million d’habitants. Là je découvre vraiment ce qu’est l’Inde : des routes à peine goudronnées, des tuk-tuk (rickshaw) partout, des échoppes toutes pourries le long des rues, des vaches et des chèvres au beau milieu de tout ça… tout semble provisoire, juste posé là comme par hasard. Après une demi-heure à déambuler dans cet univers fantastique, on trouve un hôtel dan nos prix. On part alors à Marbl Rock en rickshaw, une moto à 3 roues, avec une dizaine de personnes à bord. On est allé voir les chutes, c’était bien beau, et on s’est dit qu’on reviendrait ici lors de notre prochain voyage pour faire la petite balade en bateau. Le soir, on se fait assaillir par les moustiques, à tel point que je décide finalement de passer la nuit à bouquiner pour pouvoir en écraser un maximum (vengeance !). Feb-22 : Départ pour Kanha National Park, l’un des plus réputés d’Inde et le meilleur pour l’observation des tigres. Un long trajet en bus sur une petite route de campagne, à traverser des petits villages très différents des notres, puis on arrive au parc où on entreprend de faire une petite ballade balisée près de l’entrée, dans ce qu’ils appellent la zone tampon. A un moment, on passe à côté d’une rivière quasiment à sec, donc on va voir pour regarder les traces… beaucoup de vaches, quelques cerfs… et une empreinte de tigre. De 7-8 cm de large. On remonte rapidement sur le sentier, où on trouve une crotte mais là c’est pas sûr que ce soit un tigre, puis on part en accélérant un peu le pas en direction de la maison. Ca fit une drôle de sensation : les attaques de tigres sont rarissimes, mais en voyant la trace on se rend bien compte qu’il peut surgir de nulle part, et qu’on est complètement démuni pour y faire face. Finalement, on a juste croisé quelques singes et cerfs. Feb-23 : Jour de safari ! On a trouvé la veille des gens avec qui partager la jeep, ce qui a réduit les frais à 600 roupies par personne, soit un peu pus de 10€, une fortune si on compare aux pri habituels. Et là, c’est magique. Comme dans les dessins animés où on voit les animaux qui sont tous ensemble et qui discutent entre eux ! A 200m de l’entrée on tombe sur un troupeau de gaurs, dans la brume matinale (il est 7H). Les gaurs sont des bisons d’Asie, moins poilus mais aussi gros, c'est-à-dire 1,8 m au garrot. Plus tard, on en voit d’autres, traverser la route juste devant nous (c’est quelque chose de voir une bestiole de plus de 2 tonnes sauter un fossé). On voit aussi des centaines de cerfs chital, des sangliers, des singes, des paons, des écureuils, des oiseaux bizarres, des chiens sauvages (dolls), des fennecs, des sambars (le plus grand cervidé d’Asie), et des barasingas, une antilope presque éteinte mais la dernière population au monde –à Kanha- est en pleine croissance, protégée derrière des clôtures anti-carnivores. Parmi tout ça, il y a des bébés agés de quelques jours ou semaines : gaur, cerf, langurs, dolls. Personnellement, j’ai trouvé cette matinée très éprouvante, à cause du froid et aussi parce que j’ai essayé d’avoir un œil partout… mais je n’en ai pas perdu une miette ! Malgré tout, on n’a toujours pas vu de tigre. Mais arrivés au camp central, ils nous proposent de faire une ballade en éléphant (« tiger show »), où la vue du tigre est garantie. On se dit qu’on aura pas toujours l’occasion de voir ça, donc on le fait, pour 10€ de plus, après avoir visité le musée central, très intéressant. J’ai pas trouvé ça top : on nous amène en jeep jusqu’au départ des éléphants, qui font une boucle de 400m pour aller près d’un tigre qui dort dans les herbes. Il a un collier emetteur, il est allongé et ne regarde même pas les 2 éléphants qui tournent autour de lui. C’est un peu l’usine. Et ça dure 5 min, en comptant le temps du trajet en éléphant. Finalement c’est moins impressionant que que d’avoir vu les traces la veille. Mais il est quand même très beau, comme un tigre. Le garde-chauffeur d’éléphant nous dit qu’il a 4 ans, que c’est une femelle, et qu’elle a 2 frères et sœurs dont un de 4 mois. Et que la mère est dans les parages, dans les fourrés ou dans les bois un peu plus loin. En revenant, ravis, on décide de ne pas revenir le lendemain vu qu’on a déjà vu tous les animaux. L’aprèsmidi, on part dans la zone tampon, dans notre coin préféré, qu’on a baptisé la « plaine des langurs », et on y passe un moment à papoter. Feb-24 : Journée transport : bus à 8H30 du matin, jusqu’à 14H30, puis train jusqu’à Satna, ville étape pour Kajuraho, qui devrait être très jolie parce que c’est le site n°1 indiqué pour cet état (Mandya Pradesh). Verdict demain. Feb-25 : Encore 4h30 de transport jusqu’à 13H, puis on savoure le plus tranquilement possible notre arrivée à Kajuraho. Petite ville très touristique, avec plein de gens qui veulent vendre des trucs. Mais ça reste correct, alors ça va. On glandouille tout l’après-midi dans les rues, au restau, et un peu dans les magasins. Feb-26 : Visite des temples de l’Ouest de la ville (classé au patrimoine mondial de l’Unesco). C’est très, très beau, autant que les temples des villes impériales en Thailande, voire plus. Chaque temple est comme un prisme, avec plein d’arêtes, et une statue à chaque angle, ce qui fait des milliers de statues par temple. Il y a aussi des frises, des colonnes sculptées… on en prend plein la vue. Et le top, c’est que toutes ces sculptures ou presque représentent de belles femmes dans des positions envoutantes ou des scènes de Kama-sutra, voire des orgies ! On s’est donc poêlé toute la journée (en plus de trouver ça beau), et on a examiné méticuleusement chaque détail de chaque temple, y compris la scène avec le cheval. Pour l’histoire, il faut considérer ces sculptures sacrées comme des « célébrations joyeuses de tous les aspects de la vie » (Lonely Planet). Après ça, je reglndouille à l’hôtel en écoutant de la musique (je suis pas dans une forme éblouissante), pendant que Rémi part faire les magasins. Feb-27 : Location de vélos et visite des autres temples, voués à un autre culte (Jaïn), mais avec des représentations similaires. Mais la présence permanente de vendeurs vient à bout de notre patience, et ça devient de plus en plus difficile de ne pas s’énerver en se baladant dans les rues. Je décide de n’acheter aucun souvenir, ce serait trop éprouvant, et je ne veux pas encourager cette attitude trop agressive. Au final, on prend notre bus (ultra bondé, avec des gens qui dépassent par les portes) à 16H30, après un début d’après-midi tranquille, et on se prépare psychologiquement à une nuit de transport. Feb-28 : Le trajet a été assez éprouvant (de 17H à 10H30), surtout le bus, mais on a réussi à faire une nuit correcte dans les wagons-lits du train. Et l’arrivée à Varanassi (Benares) s’est bien passée : bien que notre chauffeur de risckshaw nous ait amené à une adresse différente de celle qu’on avait demandée (On voulait aller à Vishnu Rest House, et on est à Vishno !), on a une chambre très bien, avec un lit immense. On passe l’après-midi à marcher, en ville au milieu des milliers de rickshaw vélos et motos, puis le long du gange où on voit des brasier pour brûler les morts, des lépreux, des gamins qui font la manche, des vieux, des gens habillés en orange avec de longues barbes et des têtes bizarres (ce sont les sadhus, les vieux sages), qui font la manche aussi mais en anglais, des touristes indiens, japonais, occidentaux, et plein de vendeurs en tous genres : cartes postales, bougies religieuses, massages, thé… et pour finir il y a aussi des chiens, des vaches, des boucs géants, et des singes. Tout ça dans un petit espace, au final, ça fait une impression vraiment bizarre. L’Inde, c’est dense ! Et pas toujours facile de voir la misère en se sentant plus ou moins impuissant, parce que donner une pièce ou à manger à un gamin c’est l’encourager à mendier. On se console en se disant qu’ils ont pas l’air malheureux… après, on rentre à la maison par les petites rues de la vieille ville. Feb-29 : Même chose, on longe le Gange toute la journée, c’est beau. Au détour d’une ruelle, alors qu’on est complètement désorienté, on se rend compte qu’on tourne en rond en passant pour la 2e fois devant un bouc avec un gilet bleu… on fait aussi quelques emplettes, du bateau, et le soir on mange au restau et assiste au concert d’un mec en orange (bowl, cette fois, je saisis pas trop la différence avec le sadhu… peut-être que c’est parce qu’il joue de la musique…). A l’approche de la grande fête de Shiva (Shivaratri), ils affluent tous vers Varanassi. Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 3 sur 47 } { Page suivante } |
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